Deux excursions que je déconseille depuis Rome
Conseils pratiques
Toutes les excursions vendues au départ de Rome ne se valent pas, et deux d'entre elles reviennent régulièrement dans mes regrets. Le problème n'est jamais la destination, toujours la distance qu'on prétend avaler dans une journée. Voici lesquelles, et ce que je fais désormais.
J’aime les excursions depuis Rome, et j’en recommande plusieurs sans réserve. Mais deux reviennent, séjour après séjour, dans la colonne des regrets, les miens et ceux des amis à qui je les avais laissé tenter. Le point commun n’est jamais le lieu : la côte amalfitaine est sublime, Pompéi est bouleversante. Le problème est qu’on veut les avaler dans une journée, au départ d’une ville qui en est trop loin.
Le problème n’est pas la destination, c’est la distance
Une excursion réussie, pour moi, se juge à un rapport simple : le temps passé sur place doit dépasser le temps passé sur la route. En deçà, on ne visite pas, on prélève une photo et on repart. Les deux excursions qui suivent échouent à ce test depuis Rome, et aucune agence ne vous le dira au moment de vendre le billet.
La côte amalfitaine en une journée
C’est la plus séduisante sur le papier et la plus décevante en vrai. Depuis Rome, il faut compter autour de quatre heures pour rejoindre Positano ou Amalfi, et autant pour rentrer : Rome-Naples déjà, puis la route de corniche, magnifique et lente, qui se parcourt au pas dès qu’il y a du monde. Faites le calcul : huit heures de transport pour deux ou trois heures sur place, arrivée en début d’après-midi quand la lumière tape et que les ruelles sont noires de monde.
On rentre le soir vidé, avec le sentiment d’avoir vu la côte à travers une vitre de bus. La côte amalfitaine n’est pas une excursion à la journée depuis Rome, c’est un voyage en soi : une nuit minimum, à Sorrente, à Salerne ou sur la côte, et là tout change. On voit les villages au petit matin, on prend un ferry, on dîne en terrasse sans surveiller l’heure du dernier car. La distance ne se triche pas.
Pompéi, le Vésuve et Amalfi le même jour
L’autre piège est le forfait qui promet tout : Pompéi le matin, le cratère du Vésuve à midi, un saut à Positano l’après-midi, retour à Rome pour la nuit. Sur le papier, une journée bien remplie. En réalité, une journée passée assis dans un bus, à courir d’un site à l’autre sans en voir aucun.
Pompéi, à elle seule, demande une bonne demi-journée pour ne pas se résumer à deux rues et un moulage. Le Vésuve, c’est une route sinueuse plus une montée à pied au cratère. La côte, on vient de le voir, se mérite. Vouloir les trois d’affilée, c’est s’assurer de tout effleurer et de ne rien garder. Si un seul de ces lieux vous attire, choisissez-le et donnez-lui la journée. Si les trois vous tentent, dormez une nuit dans la baie de Naples : la région se relie très bien sur deux jours, très mal sur un.
Ce que je fais à la place
Ma règle est devenue simple. Pour une journée au départ de Rome, je reste dans un rayon d’environ deux heures : Tivoli et ses jardins, Ostia Antica, les Castelli Romani et leurs vins, ou Florence, qu’un train rapide met à une heure et demie de Termini. Ce sont des sorties où l’on passe la journée sur place, pas sur l’autoroute.
Pour le Sud, la baie de Naples et la côte amalfitaine, je bloque une nuit, sans exception. Ça ne coûte pas forcément plus cher qu’une excursion organisée à la journée, et ça transforme une course en voyage. Le reste n’est pas de la visite, c’est de la collection de kilomètres, et je n’en collectionne plus.