Où manger à Trastevere
Trastevere est le quartier où l'on mange le plus mal et le mieux de Rome, à une rue d'écart. Le long des ruelles à touristes, les rabatteurs et les menus en photos ; sur la face tranquille, quelques-unes des meilleures tables de la ville. Voici lesquelles, par type de repas, et comment éviter le piège.
Notre top 3
Da Enzo al 29
€€Via dei Vascellari 29
La trattoria de référence de Trastevere, via dei Vascellari : carbonara et carciofi alla giudia qui valent la file, longue. Trente couverts, addition honnête. Pas de réservation le soir - on vient avant l'ouverture. Fermé le dimanche.
Otaleg
€Via di San Cosimato 14A
L'une des glaces les plus techniques de Rome, sur la piazza San Cosimato : Marco Radicioni équilibre les sucres pour une texture légère, parfums qui changent souvent. À emporter, quelques euros. Le meilleur gelato du quartier.
Freni e Frizioni
€€Via del Politeama 4
L'ancien garage devenu institution du cocktail, près de la piazza Trilussa : bons drinks, buffet végétarien compris dans le verre, foule jeune qui déborde sur la placette au crépuscule. On vient pour le cocktail et la scène.
La carte des adresses
Trastevere est le quartier où l’on mange le plus mal et le mieux de Rome, à une rue d’écart. Le long de la via della Lungaretta et autour de la piazza Santa Maria in Trastevere, c’est le règne du rabatteur, de la carte plastifiée en cinq langues et du menù turistico servi à la chaîne. Mais il suffit de tourner dans une ruelle, de passer côté sud vers la piazza San Cosimato ou la via dei Vascellari, pour retrouver de vraies trattorias, des pizzerias historiques et l’une des meilleures glaces de la ville.
Les adresses de la carte ci-dessus se répartissent par type de repas, et se recoupent avec celles qu’on recommande ailleurs sur ce site. La règle qui les relie tient en une phrase, valable dans tout le quartier : on s’éloigne de la place principale et des serveurs qui hèlent, et la qualité monte à mesure que la foule baisse.
Les trattorias
Trastevere garde quelques-unes des trattorias romaines les plus courues, à condition de viser les bonnes. Da Enzo al 29, via dei Vascellari, est la référence : carbonara et carciofi alla giudia qui justifient la plus longue file de la ville, trente couverts, addition honnête. Pas de réservation le soir - on vient avant l’ouverture ou on patiente. On en dit plus sur notre page trattorias.
Trois autres tables tiennent la tradition à l’écart de la cohue. Da Teo, sur la calme piazza dei Ponziani, sert depuis 1968 une cuisine romaine que les Trasteverini fréquentent justement parce qu’on peut y réserver, sans faire la queue. Da Lucia, dans le vicolo del Mattonato, dresse ses tables dans la ruelle pavée depuis 1938 : pollo coi peperoni, trippa, cacio e pepe, le Trastevere d’avant les touristes. Et Roma Sparita, sur la piazza di Santa Cecilia, est connue pour son cacio e pepe servi dans une cassolette de parmesan croustillant - une mise en scène, mais l’assiette suit. Pour un cran au-dessus, Spirito DiVino, via dei Genovesi, est une osteria Slow Food posée sur une cave antique, plus chère et plus travaillée.
Pizza, supplì et gelato
Pour la pizza du soir, Ai Marmi, sur le viale di Trastevere, sert depuis 1931 une tonda fine et croustillante à prix serré, dans une salle si bruyante qu’on l’a surnommée « l’obitorio ». Fermé le mercredi, sans réservation, service expéditif : c’est la pizza romaine sans décorum. Détails sur notre page pizza.
Pour manger sur le pouce, deux arrêts. I Supplì, via di San Francesco a Ripa, est la friggitoria de quartier depuis 1979 : de gros supplì à double panure, arancini, pizza al taglio, à quelques euros au comptoir - voir la page street food. Et pour le dessert, Otaleg, sur la piazza San Cosimato, sert l’une des glaces les plus techniques de Rome, aux parfums qui changent souvent ; c’est l’une des adresses de notre page pâtisseries et glaciers.
Boire un verre
Trastevere est aussi un quartier où l’on sort, et deux adresses résument ses deux visages. Freni e Frizioni, un ancien garage près de la piazza Trilussa, est l’institution du cocktail : de bons drinks, un buffet végétarien compris dans le verre, et une foule jeune qui déborde sur la placette au crépuscule. À l’opposé, le Bar San Calisto, sur sa place, est l’anti-aperitivo chic : un spritz ou une grande Peroni autour de 3 €, sans buffet ni chichi, et le quartier qui défile. Les deux figurent sur notre page aperitivo.
Pour une occasion
Deux tables sortent du registre populaire, sans quitter le quartier. Glass Hostaria, vicolo del Cinque, est la seule étoilée de Trastevere : Cristina Bowerman y tient depuis 2010 une cuisine créative dans une salle résolument moderne, à contre-courant du décor médiéval alentour (voir gastronomique). Et Antica Pesa, via Garibaldi à l’entrée du quartier, occupe un ancien entrepôt à grain de l’État pontifical, avec un patio-jardin qui en fait l’un des cadres les plus doux de la ville pour un dîner en amoureux.
Le piège à éviter
Il tient à la géographie, et il est facile à contourner. Le cœur touristique - la piazza Santa Maria in Trastevere, la via della Lungaretta, les ruelles qui les relient - concentre les pires tables du quartier : cartes traduites avec photos, rabatteurs à l’entrée, pâtes réchauffées à prix gonflé, coperto et service alourdis. Ces adresses vivent du passage et n’ont pas besoin de bien cuisiner pour être pleines.
La parade est simple. Aucune des adresses ci-dessus n’est sur la place principale : toutes se trouvent une ou deux rues plus loin, côté sud du quartier, vers San Cosimato, Santa Cecilia ou le bas du Gianicolo. Dès qu’un serveur vous hèle ou qu’une carte s’affiche en cinq langues avec des photos, on passe son chemin - c’est le signe le plus fiable, à Trastevere comme ailleurs, qu’on paiera cher pour manger mal.
En pratique
Trastevere se fait à pied, et se mange à l’heure romaine : dîner à partir de 20h, rarement avant. Les meilleures trattorias, comme Da Enzo, ne réservent pas le soir - il faut jouer l’heure d’ouverture ou accepter la file. Les tables plus courues, Da Teo, Glass Hostaria, Antica Pesa, se réservent, parfois plusieurs jours à l’avance le week-end. Le quartier est aussi l’un des plus vivants la nuit, donc bruyant : pour un dîner au calme, viser les places excentrées plutôt que les ruelles centrales.
Sur les usages qui reviennent partout - le coperto, le service, les horaires -, voir notre page pourboire et coperto. Et pour composer un séjour dans le quartier, notre guide du quartier de Trastevere complète ces adresses côté visite.
Le carnet
9 autres adressesDa Teo
€€Piazza dei Ponziani 7a
La trattoria des Trasteverini sur la calme piazza dei Ponziani, depuis 1968 : carbonara au guanciale artisanal, cacio e pepe, artichauts. On peut réserver, sans faire la queue. Fermé le dimanche. La tradition à l'écart de la cohue.
Roma Sparita
€€Piazza di Santa Cecilia 24
Sur la piazza di Santa Cecilia, à l'écart du chaos : le cacio e pepe servi dans une cassolette de parmesan croustillant, une mise en scène que l'assiette assume. Les habitants y viennent pour ce plat précis. Réserver.
Trattoria Da Lucia
€€Vicolo del Mattonato 2b
Une trattoria romaine de 1938, vicolo del Mattonato, avec ses tables dans la ruelle pavée : cuisine du quartier sans façon, pollo coi peperoni, trippa, cacio e pepe. Fermé le lundi et le dimanche soir. Le Trastevere d'avant les touristes.
Spirito DiVino
€€€Via dei Genovesi 31
Une osteria Slow Food installée sur une cave antique, via dei Genovesi : cuisine romaine et créative, beaux vins, service passionné qui raconte les plats. Plus chère et plus posée que les trattorias voisines. Fermé le dimanche.
Pizzeria Ai Marmi
€€Viale di Trastevere 53
La pizzeria historique du viale di Trastevere, dite « l'obitorio » pour ses tables de marbre : tonda fine et croustillante à prix serré, servie jusque tard. Sans réservation, service expéditif. Fermé le mercredi. La pizza romaine sans décorum.
I Supplì
€Via di San Francesco a Ripa 137
La friggitoria de quartier depuis 1979, via di San Francesco a Ripa : gros supplì à double panure, arancini, pizza al taglio, fritti. On commande au comptoir, on paie une misère, on mange en marchant. Fermé le dimanche.
Bar San Calisto
€Piazza di San Calisto 3-4
Le bar de quartier sans âge sur sa place, l'anti-aperitivo chic : spritz et grande Peroni autour de 3 €, sans buffet ni chichi. On s'assied dehors, on regarde Trastevere vivre. Le rituel romain dans sa version la plus vraie.
Glass Hostaria
€€€Vicolo del Cinque 58
La seule étoilée de Trastevere, vicolo del Cinque : Cristina Bowerman y tient depuis 2010 une cuisine créative dans une salle moderne, à contre-courant du décor médiéval. Menus dégustation autour de 130 €, dont un végétarien. Réserver.
Antica Pesa
€€€Via Garibaldi 18
Dans un ancien entrepôt à grain de l'État pontifical, via Garibaldi : cuisine romaine soignée, murs couverts d'art, patio-jardin à l'arrière pour les soirs d'été. Élégant et un peu couru. L'un des plus beaux cadres du quartier. Réserver le jardin.