Où manger au Ghetto
Le Ghetto tient en une rue, la via del Portico d'Ottavia, où l'on mange cinq siècles de cuisine juive romaine entre des colonnes antiques. C'est le quartier le plus petit et le plus concentré de Rome à table : quelques dizaines de mètres de trattorias, de tables casher et d'un four unique. Voici comment s'y repérer, adresse par adresse.
Notre top 3
Piperno
€€€Monte de' Cenci 9
Le temple du carciofo alla giudia depuis 1860, sur une placette à l'écart : salle d'un autre temps, serveurs en veste blanche, artichaut frit ouvert en fleur, fritto misto, baccalà. Cher et solennel, non casher. Réserver, surtout en saison de l'artichaut.
Pasticceria Boccione
€Via del Portico d'Ottavia 1
Le four juif du Ghetto, la plus vieille pâtisserie de Rome : la crostata di ricotta e visciole au dessus brûlé, la pizza ebraica dense aux fruits secs, deux gâteaux introuvables ailleurs. Sans enseigne, en espèces, service brusque, fermé le samedi. Y aller pour ces deux-là.
Ba'Ghetto
€€Via del Portico d'Ottavia 57
L'adresse casher certifiée la plus connue du Ghetto : viande d'un côté (grillades, abats), poisson et laitages à l'annexe Milky quelques portes plus loin. Séparation stricte, fermeture pour le Shabbat. La porte d'entrée casher du quartier, bien tenue.
La carte des adresses
Le Ghetto tient en une rue, la via del Portico d’Ottavia, où l’on mange cinq siècles de cuisine juive romaine entre des colonnes antiques. Ce quartier resserré, l’un des plus anciens d’Europe, est le plus petit et le plus concentré de Rome à table : quelques dizaines de mètres suffisent à réunir des trattorias, des tables casher et un four à desserts sans équivalent. On y vient pour une cuisine unique - artichauts frits, abats, morue, pâtisseries -, servie souvent à l’ombre des ruines du Portique d’Octavie.
Cette page sert de repère pour s’y orienter, adresse par adresse. Pour le détail de la cuisine juive romaine, plat par plat, et la logistique casher, notre page cuisine juive romaine va plus loin ; ici, on donne la carte du quartier et deux adresses qui sortent de la seule tradition juive.
Le carciofo, le four et les tables
La spécialité du Ghetto est le carciofo alla giudia, et sa maison de référence est Piperno, sur une placette à l’écart depuis 1860 : artichaut frit ouvert en fleur, fritto misto, dans une salle solennelle - cher, non casher, à réserver en saison. Juste sur la rue principale, Giggetto dresse ses tables contre les colonnes antiques du Portique d’Octavie depuis 1923 : le cadre est unique, la cuisine correcte. Et pour finir en douceur, le four Boccione, à l’angle de la via del Portico d’Ottavia, est la plus vieille pâtisserie de Rome : on y vient pour deux gâteaux introuvables ailleurs, la crostata di ricotta e visciole au dessus brûlé et la pizza ebraica.
Casher ou non, et la version brute
Plusieurs tables de la rue sont casher certifiées, ce qui change la carte - viande et laitages séparés - et les horaires, avec fermeture pour le Shabbat. Ba’Ghetto est la plus connue, viande d’un côté et annexe Milky pour le poisson et les laitages ; La Taverna del Ghetto tient la tradition en famille. Nonna Betta, de style casher mais ouverte le samedi, est une porte d’entrée plus décontractée. À l’opposé du spectre, Sora Margherita, sur la piazza delle Cinque Scole, sert la cuisine juive romaine sans le moindre décor, dans une salle minuscule : carciofi, cacio e pepe à la ricotta, fettuccine à la main - on y va pour l’assiette, pas pour le confort. C’est la version la plus brute et la plus attachante.
Une autre corde
Le Ghetto ne se réduit pas à la tradition juive, et une adresse le rappelle. Beppe e i suoi Formaggi, sur la via di Santa Maria del Pianto, est le bar à fromages du quartier, tenu par un affineur piémontais : planches de fromages affinés et de charcuterie, vins choisis, dans une salle-boutique conviviale. Non casher, à l’écart de la cuisine juive romaine, il ajoute au quartier un registre de bistrot à vin qui complète bien une visite tout entière tournée vers l’artichaut et la friture.
En pratique
Le Ghetto se fait à pied, en quelques minutes, entre la via del Portico d’Ottavia, la piazza delle Cinque Scole et le Tibre. Trois repères. La saison d’abord : le carciofo alla giudia est à son meilleur de l’automne au printemps, surtout de février à avril, et souvent absent ou surgelé l’été - à demander avant de commander. Le Shabbat ensuite : les adresses casher ferment du vendredi soir au samedi soir ; Boccione baisse aussi le rideau le samedi et les jours de fête juifs. La réservation enfin, conseillée partout, indispensable chez Piperno et Sora Margherita.
Sur les usages généraux - coperto, service, pourboire -, voir notre page pourboire et coperto. Le Ghetto jouxte le Campo de’ Fiori et le centre historique ; nos fiches quartier voisines complètent ces adresses à quelques minutes de marche.
Comment on a choisi
Huit adresses, une logique : donner la carte d’un quartier qui tient en une rue, sans refaire notre page sur la cuisine juive romaine, à laquelle on renvoie pour le détail des plats. On a retenu les maisons historiques du carciofo, les tables casher, le four Boccione, plus deux adresses qui élargissent le tableau - Sora Margherita pour la version brute, Beppe e i suoi Formaggi pour le fromage et le vin. On a croisé les cartes, les prix relevés en 2026 et les avis italiens, et vérifié réservations, certifications et horaires un à un.
On a signalé ce qui relève du décor plutôt que de l’assiette, et rappelé la contrainte qui piège le plus les visiteurs : la saison de l’artichaut. On a préféré huit adresses tenues à un inventaire d’une rue qui n’en manque pas. Les prix et jours de fermeture sont datés d’août 2026 ; un jour de Shabbat et une saison d’artichaut se vérifient avant de s’y rendre.
Le carnet
5 autres adressesGiggetto al Portico d'Ottavia
€€€Via del Portico d'Ottavia 21a
L'osteria historique du Ghetto depuis 1923, tables dressées contre les ruines du Portique d'Octavie : carciofi alla giudia, fiori di zucca frits, abats. Non casher. Cadre unique entre les colonnes antiques, cuisine correcte. Réserver la terrasse le soir.
La Taverna del Ghetto
€€€Via del Portico d'Ottavia 8
La plus ancienne taverne casher du Ghetto, tenue en famille : carciofi en saison, pâtes maison, fritti, morue, abats. Casher certifiée, donc fermée du vendredi soir au samedi pour le Shabbat. Une table sûre pour la tradition, sans tape-à-l'œil, sur la rue principale du quartier.
Nonna Betta
€€Via del Portico d'Ottavia 16
Une trattoria de style casher sur la rue même, plus décontractée que les grandes maisons : deux cartes séparées, viande d'un côté, poisson et fromage de l'autre. Carciofi, fritti, pâtes juives romaines. Ouverte le samedi. Bonne porte d'entrée à la cuisine du quartier.
Sora Margherita
€€Piazza delle Cinque Scole 30
La cuisine juive romaine sans décor, dans une salle minuscule du Ghetto : carciofi alla giudia, cacio e pepe à la ricotta, fettuccine à la main. On y va pour l'assiette, pas pour le confort. Midi tous les jours, dîner le week-end sur deux services. Le plus brut du quartier.
Beppe e i suoi Formaggi
€€€Via di Santa Maria del Pianto 9a
Le bar à fromages du Ghetto, tenu par un affineur piémontais : planches de fromages affinés et de charcuterie, vins choisis, dans une salle-boutique conviviale. Non casher, à l'écart de la tradition juive romaine, il ajoute une autre corde à l'arc du quartier. Réserver le soir.