Où prendre le petit-déjeuner à Rome
Le petit-déjeuner romain se prend debout, en deux minutes, au comptoir d'un bar : un cappuccino, un cornetto, et pour finir sucré le maritozzo, cette brioche fendue et fourrée de crème. Voici où le prendre bien, avec les cafés qui comptent, les meilleurs maritozzi et la règle de prix qui sépare le comptoir de la terrasse.
Notre top 3
Pasticceria Regoli
€Via dello Statuto 60, Esquilino
Le maritozzo de référence, depuis 1916 et toujours en famille : brioche moelleuse jamais caoutchouteuse, crème fouettée non sucrée montée à la commande. On le mange debout au comptoir avec un cappuccino, ou on l'emporte. Fermé le mardi, ouvert dès 6h30.
Roscioli Caffè
€€Piazza Benedetto Cairoli 16, près du Campo de' Fiori
La version soignée du maritozzo, fourré de crème sous vos yeux, dans une salle plus café de quartier chic que pasticceria populaire. Bon café, quelques tables dehors sur la place. Plus cher que le comptoir moyen, ouvert tard. On y va pour la qualité et le calme.
Sant'Eustachio il Caffè
€€Piazza Sant'Eustachio 82, près du Panthéon
L'un des cafés de Rome, depuis 1938, à deux rues du Panthéon. La maison ne jure que par son gran caffè, plus crémeux et deux fois plus cher qu'un espresso : il arrive sucré d'office, dites « senza zucchero » avant la préparation. Debout de préférence : la terrasse triple la note.
Un cappuccino et un cornetto coûtent moins de 3 € debout au comptoir, et trois à quatre fois plus assis en terrasse sur une place du centre. C’est le premier réflexe à prendre à Rome : le petit-déjeuner se boit au banco, en deux minutes, sans s’installer. Les Romains le font tous les matins, un café serré ou un cappuccino d’une main, une viennoiserie de l’autre, et repartent. La terrasse existe, mais elle se paie, et jamais autant que sur les places à monuments.
Reste à savoir quoi commander, et où. Le cornetto - le croissant local, plus dense et souvent fourré - se trouve partout et se vaut à peu près partout. La vraie spécialité romaine du matin est ailleurs : c’est le maritozzo con panna, une brioche fendue et remplie de crème fouettée, qu’on ne mange nulle part aussi bien qu’ici. On a donc classé ces sept adresses en deux familles : celles où l’on vient pour le maritozzo, et celles où l’on vient pour le café.
Où manger le maritozzo
La référence tient dans une pasticceria de l’Esquilino ouverte en 1916 et toujours tenue par la même famille : Regoli. La brioche y est moelleuse sans être élastique, la crème fouettée montée à la commande et à peine sucrée, l’ensemble jamais écœurant. On le prend debout avec un cappuccino, ou on l’emporte dans une boîte ficelée ; la maison ouvre dès 6h30 et ferme le mardi. C’est le maritozzo auquel on compare tous les autres.
Pour une version plus soignée, Roscioli Caffè, à deux pas du Campo de’ Fiori, fourre le sien sous vos yeux, dans un décor de café chic plutôt que de fournil populaire. C’est meilleur marché que ça ne le paraît pour la qualité, avec quelques tables dehors sur la place et un bon café. À l’opposé du spectre, Il Maritozzaro, sur la rive du Portuense, sert la même brioche à des prix minuscules et à des heures impossibles : ce comptoir de 1960 reste ouvert une bonne partie de la nuit, pour les couche-tard autant que pour les lève-tôt. C’est une curiosité plus qu’une étape, mais elle a sa raison d’être.
Où l’on vient pour le café
Deux institutions se partagent les abords du Panthéon, et elles ne servent pas la même chose. Chez Sant’Eustachio, ouvert depuis 1938, on commande le gran caffè, plus crémeux et deux fois plus cher qu’un espresso ordinaire. Un détail à connaître : il arrive sucré d’office, et il faut dire senza zucchero au barista avant qu’il ne le prépare si on le veut amer. Ici encore, la terrasse coûte le triple du comptoir. À une rue de là, Tazza d’Oro torréfie son café depuis 1944 et sert, l’été, la meilleure parade à la chaleur : la granita di caffè con panna, un café glacé pilé entre deux couches de crème, autour de 3 € et à boire debout.
Pour sortir de l’espresso serré de tradition, il faut aller à Prati. Pergamino Caffè, sur la piazza del Risorgimento, fait partie de la poignée d’adresses romaines de café de spécialité : grains sélectionnés par origine, extractions filtre, torréfactions plus claires, avec un espresso qui grimpe de 2 à 5 € selon la provenance. C’est à quelques minutes des Musées du Vatican, et c’est une autre idée du café que celle du bar du coin. Reste enfin Panella, à l’Esquilino, un fournil de 1929 devenu bar-pâtisserie, pour qui veut un petit-déjeuner plus fourni - cornetti, pizza bianca, jus pressés. À condition, là aussi, de rester au comptoir.
La règle qui change l’addition
Le seul piège du petit-déjeuner romain est un piège de tarif, et il porte un nom : al banco contre al tavolo. Le prix affiché - un espresso autour de 1,20 €, un cappuccino autour de 1,50 € - est celui du comptoir, debout. Dès qu’on s’assied, un tarif « service à table » s’applique, légal et affiché, mais nettement plus élevé. Sur une place touristique, l’écart devient une punition : le même cappuccino peut passer de 1,50 € à 6 ou 7 €, et un coperto s’ajoute parfois.
Le calcul n’est pas absurde partout - s’asseoir dix minutes dans un vrai café de quartier, sur une petite place tranquille, peut valoir la différence. Il l’est en revanche piazza Navona, sur la piazza del Pantheon ou le long des grands axes, où l’on paie surtout la vue et le fait d’être assis. La parade tient en un geste : commander au comptoir, boire debout comme tout le monde, et garder l’assise pour une place où le café vaut son prix. Sur le service et le pourboire, voir notre page pourboire et coperto.
Comment on a choisi
Sept adresses, un tri simple : on a séparé ce qui fait la valeur du matin romain - le maritozzo d’un côté, le café de l’autre - et retenu, pour chacun, les maisons qui le réussissent à un prix cohérent. On a croisé les cartes et les tarifs relevés en 2026, les avis italiens récents, et vérifié un à un les horaires et jours de fermeture, qui varient d’une pasticceria à l’autre.
On a écarté deux réflexes : les terrasses des places à monuments, où le petit-déjeuner assis coûte trois à quatre fois son prix, et les adresses qui vendent un « brunch » importé sans rapport avec l’habitude locale - elles ont leur page à part. On a préféré nommer une maison par usage plutôt que d’aligner les enseignes. Les prix, spécialités et jours de repos sont datés d’août 2026 ; un maritozzo ne change pas, mais un jour de fermeture se vérifie toujours avant de traverser la ville.
La carte des adresses
Le carnet
4 autres adressesIl Maritozzaro
€Via Ettore Rolli 50, Portuense
Le comptoir à maritozzi qui ne dort pas : ouvert une bonne partie de la nuit depuis 1960, il sert la brioche fourrée aux couche-tard comme aux lève-tôt. Décor sans façon, prix minuscules, à l'écart des circuits. Une curiosité romaine plus qu'une adresse de guide, mais elle tient.
Tazza d'Oro
€Via degli Orfani 84, contre le Panthéon
La torréfaction historique du Panthéon, depuis 1944, pour un espresso serré et surtout la granita di caffè con panna : café glacé pilé entre deux couches de crème, autour de 3 €. On la prend debout, on ne s'assied pas. L'alternative fraîche au cappuccino les matins d'été.
Pergamino Caffè
€€Piazza del Risorgimento, Prati
Le café de spécialité aux portes du Vatican, pour qui veut autre chose que l'espresso serré de comptoir : grains sélectionnés, extractions filtre, torréfaction plus claire. L'espresso va de 2 à 5 € selon l'origine. Une parenthèse pour amateurs, à quelques minutes des Musées.
Panella
€€Via Merulana 54, Esquilino
Un fournil de 1929 devenu bar-pâtisserie : cornetti, pizza bianca, jus pressés, sur un comptoir bien fourni. Debout, le petit-déjeuner reste raisonnable ; assis en terrasse, l'addition grimpe vite. À prendre au comptoir, comme le reste.